Pic de particules fines: «Il faut se garder d’incriminer un secteur»

Pic de particules fines: «Il faut se garder d’incriminer un secteur»

«Il faut se garder d’incriminer un secteur», estime Laurence Rouïl, responsable du pôle Modélisation environnementale et Décision de l’Ineris, évoquant le pic de particules fines observé le 28 mars dans plusieurs régions, alors que plusieurs associations ont demandé l’arrêt des épandages. «Nous avons déjà vu des pics bien pire en mars, et les conditions météorologiques ont permis aux concentrations de diminuer dès le lendemain», précise l’experte. Mais le secteur agricole n’est pas au bout de ses efforts sur les réductions des émissions d’ammoniac, l’un des composés en cause dans la formation de nitrate d’ammonium dans l’atmosphère. Le protocole de Göteborg, qui anime les discussions internationales sur les polluants aériens, doit être révisé en fin d’année, et «il y aura un focus sur l’ammoniac», prévient Laurence Rouïl. Paris aurait déjà réussi à atteindre les objectifs fixés par la directive européenne de 2017, qui prévoyait une baisse de 4 % des émissions d’ammoniac à l’horizon 2020 par rapport à 2005. Mais un nouveau pallier attend la France, avec 4 % de réduction d’émissions supplémentaires prévues sur la période 2020-2030. Un objectif sur lequel Laurence Rouïl se montre pour l’heure «réservée».

Source : Agra Presse