Pollution de l’air d’origine agricole : l’arbre ne doit pas cacher la forêt !

Diverses associations écologistes s’en donnent actuellement à cœur joie pour accuser l’agriculture de provoquer des pics printaniers de pollution de l’air. Mais qu’en est-il réellement ?

Le pic printanier à d’autres causes plus majeures que les seules émissions agricoles !

Si au printemps, le niveau de particules fines est élevé à Paris ou d’autres grandes villes, il est erroné de prétendre que c’est à cause des particules fines d’origine agricole alors qu’il s’agit avant tout la pollution automobile.

En cette période de confinement, la circulation est certes plus faible mais elle existe toujours. Il y a donc toujours des émissions de particules fines issues de combustion. Une météo de type anticyclonique (beau temps avec peu de vent) concentre les particules au lieu de les chasser.

S’il est vrai que les particules fines d’origine agricoles s’ajoutent à celles issus de combustion, elles sont intrinsèquement moins nocives que les particules issues de combustion, comme cela a été écrit par un éminent spécialiste britannique, Frank Kelly, professeur au King’s College de Londres et responsable du comité gouvernemental britannique sur les effets médicaux des polluants atmosphériques.

En outre, il ne faut pas oublier que lors d’un épandage d’engrais minéraux, la volatilisation d’ammoniac n’a pas lieu instantanément mais au contraire sur plusieurs heures ou plusieurs jours. Il faut aussi que le vent pousse ces particules vers Paris ou d’autres grandes villes et que cet ammoniac se combine avec les oxydes d’azote et de soufre (NOx, SOx) issus des voitures pour former les fameuses particules secondaires de nitrate et sulfate d’ammonium.

Il n’y a pas de relation directe entre un épandage d’engrais en Beauce ou dans le Vexin et la charge en particules fines de l’air parisien à un instant t.

Interrompre ou réglementer les épandages d’engrais pendant la période de confinement ne paraît donc pas pertinent.

Cela n’empêche pas certains agriculteurs d’enfouir les fertilisants ou d’utiliser des inhibiteurs d’uréase afin de réduire la volatilisation ammoniacale.

Les émissions agricoles n’aggravent pas l’épidémie de covid-19 !

Les écologistes tentent aussi de nous faire croire que les émissions agricoles contribueraient à aggraver l’épidémie de coronavirus. Une telle chose n’est absolue pas prouvée.

Une récente étude italienne[1] tente d’établir une corrélation entre niveau de particules fines (PM10) dans l’air et niveau de contamination de la population.

Mais ce niveau de contamination n’est-il pas plus simplement corrélé avec la densité de population ? L’étude italienne aurait pu démontrer cette corrélation puisque les zones les plus infectées sont les plus peuplées (plaine du Po), avec des contacts plus fréquents entre les personnes, sans forcément que le niveau de particules ne joue de rôle aggravant.

Aucun mécanisme de transmission du virus à l’homme par des particules fines n’est d’ailleurs démontré ou même abordé dans cette étude.

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[1] http://www.simaonlus.it/wpsima/wp-content/uploads/2020/03/COVID_19_position-paper_ENG.pdf