Prix des intrants : les mesures gouvernementales restent inadaptées selon FGC
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Prix des intrants : les mesures gouvernementales restent inadaptées selon France Grandes Cultures

Dans le contexte de crise internationale actuel, l’agriculture française continue de subir une forte hausse des prix des engrais et des carburants. Ces surcoûts conjoncturels s’ajoutent à des coûts de production structurels déjà très élevés, fragilisant la capacité des exploitations agricoles à absorber un tel choc énergétique et remettant en question leur pérennité.Le 23 mars, le ministère de l’Agriculture a annoncé plusieurs mesures visant à limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie : prêts temporaires via la Banque publique d’investissement (BPI), reports de cotisations sociales et étalements fiscaux.

Pour France Grandes Cultures et la Coordination Rurale, ces mesures restent insuffisantes et inadaptées. Elles ne répondent pas aux difficultés structurelles que traverse la profession et ne permettront pas de faire face aux défis énergétiques et économiques auxquels sont confrontées les exploitations agricoles.

Des mesures d’urgence qui ne règlent pas le problème

Les agriculteurs subissent déjà une pression financière considérable. L’octroi de nouveaux prêts, via un endettement supplémentaire, ne répond pas à la perte de rentabilité des exploitations : cela ne fait que reporter le problème.

De même, les reports de taxes ou de cotisations sociales ne constituent pas une solution durable. L’agriculture reste un secteur particulièrement exposé aux aléas, avec une faible capacité à répercuter les coûts de production sur les prix de vente.

La souveraineté sur les engrais : un enjeu stratégique

L’Europe dépend fortement des importations pour son approvisionnement en engrais. Chaque année, environ 12 millions de tonnes d’urée sont importées, principalement d’Égypte, de Russie et d’Algérie. Cette dépendance constitue une vulnérabilité majeure pour l’agriculture française.

France Grandes Cultures estime qu’il est indispensable de relocaliser une partie de la production d’engrais sur le sol national afin de renforcer la souveraineté alimentaire et la résilience des exploitations.

Réorienter les assolements

La crise actuelle souligne également la nécessité d’adapter les systèmes de production agricoles. Intégrer davantage de légumineuses dans les rotations permettrait de réduire la dépendance aux intrants tout en diversifiant les débouchés économiques.

Une politique nationale ambitieuse en faveur des protéines végétales permettrait de structurer ces filières et de réduire la dépendance aux importations.

Une agriculture plus résiliente

France Grandes Cultures appelle à construire une agriculture plus résiliente, fondée sur une politique industrielle pour les intrants, une évolution des systèmes de production et des prix réellement rémunérateurs pour les agriculteurs.